L’estime de soi

images (33)Une attitude incontournable

C’est l’estime de soi (self-esteem) qui génère la confiance et l’assurance qui permettent de réussir et de progresser dans la vie. À l’inverse, une faible estime de soi est souvent à l’origine de difficultés d’adaptation et de pertes importantes. On sait que beaucoup de problèmes personnels sont causés par le manque d’estime de sa personne. Dès lors, le défi consiste à se connaître, à s’accepter, à s’assumer, parfois à se dépasser. Connaître également ses goûts, ses besoins, ses capacités et ses limites.

Là-dessus, j’ai recueilli un florilège de réflexions, d’incontournables pensées qui vous interpelleront, j’en suis sûr, et qui méritent d’être méditées. Commençons par William James, le «père» de la psychologie américaine, qui a donné cette définition de l’estime de soi: «L’estime que nous avons de nous-mêmes dépend entièrement de ce que nous prétendons être et faire.» Cela revient à dire: «Comment nous voyons-nous?» «Quelle perception avons-nous de nous-mêmes?» D’autres belles réflexions ont été faites, entre autres, celle de Nathaniel Branden, spécialiste de la psychologie de l’estime de soi, qui écrit: «L’estime de soi est la disposition à se faire confiance qu’on est apte à répondre aux défis fondamentaux de la vie et digne de bonheur.» De son côté, Louise Hay, spécialiste du développement personnel, donne ce conseil : «Lorsqu’on s’aime réellement, qu’on s’approuve et qu’on s’accepte tel que l’on est, tout fonctionne dans la vie. C’est comme de petits miracles surgissant de partout.» Nous pourrions multiplier ainsi les références qui font l’éloge de l’estime de soi, d’ailleurs reconnue comme l’un des indicateurs les plus importants de la santé et de l’espérance de vie.

Pour certains, l’estime de soi ne s’apprend pas, «on l’a ou on ne l’a pas». En réalité, l’estime de soi n’est pas quelque chose de gratuit. Elle est le résultat d’une construction personnelle et réfléchie qui fait partie de l’éternel travail sur soi. Au cœur de tout le travail, estime Carl Rogers, se trouve cette conception de la vie comme un processus fluide et continu. Selon lui, la personne accomplie doit en venir à s’accepter elle-même «comme un être en devenir, pas comme un produit fini». L’erreur que les gens commettent est de vouloir maîtriser tous les aspects de leurs expériences de vie et c’est ainsi que leur personnalité se dissout dans l’éparpillement. Ils en arrivent ainsi à perdre l’unité et l’harmonie de leur personne. Tout ce qui divise affaiblit. L’être humain, au contraire, doit tendre à l’unité. C’est ce qui est le plus conforme à sa nature et c’est là qu’il trouve son équilibre. Pourquoi? Parce que l’être humain est unique. Il a un destin unique où tout se joue dans une seule vie.

Comment fait-on pour s’estimer?

Pour s’estimer, il faut d’abord s’accepter. Je dirais même plus qu’il faut s’aimer. Établir un pacte d’amour avec soi. Le secret de notre identité et de notre humanité est caché dans l’amour que nous nous portons. Dans la capacité de nous aimer avec nos grandeurs et nos faiblesses, même avec nos traits les plus bas. Prendre de bon cœur et sans culpabilité parti pour soi-même. Se regarder, ne serait-ce qu’une journée, avec les yeux du cœur et une bonne dose de compassion. Se traiter comme la personne que nous aimerions être. C’est cet amour de soi qui permet de devenir progressivement créateur de notre propre vie.

C’est aussi l’un des premiers facteurs d’équilibre et de santé. Le psychanalyste Guy Corneau affirmait dans une conférence : «Être en santé, c’est s’aimer tel qu’on est, dans tous les moments de la vie… C’est s’aimer avec ses manques, son manque d’amour de soi, ses refus de s’ouvrir, son plaisir à le faire.» Il s’agit ici, on l’aura compris, d’un amour quasi inconditionnel de soi. Mais l’amour de soi dans toutes ses dimensions n’est pas toujours facile, car, comme le souligne Anselm Grün, «cela signifie s’obliger à tout aimer en soi, même cette part d’ombre où l’on se découvre tellement minable, tellement inacceptable. Accepter en soi ces côtés ingrats, décourageants.» Aussi bien dire que s’aimer c’est d’abord consentir à vivre avec soi. C’est le «savoir-vivre», non pas le «savoir-vivre» de la bienséance, mais le savoir-vivre avec soi.

Le philosophe Søren Kierkegaard disait que «la personnalité même la plus riche n’est rien avant de s’être choisie elle-même et la personnalité la plus pauvre qu’on puisse imaginer est tout lorsqu’elle s’est choisie elle-même; car la grandeur ne consiste pas en ceci ou en cela, mais se trouve dans le fait d’être soi-même; et il est dans le pouvoir de tout homme de l’être, s’il le veut.» C’est en cela que réside à mon sens la véritable réussite de la vie. Ce qui amène à une conception de la réussite fort différente de celle que nous propose la société.

 Jean-Paul Simard

 


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