QU’ENTEND-ON PAR SPIRITUEL ?

ob_fe2d02_spiritualite1IL EXISTE TOUTES SORTES DE DÉFINITIONS DU SPIRITUEL plus ou moins justes qui entraînent dans des expériences non moins variées et plus ou moins recommandables. Je vous partage ici un point de vue qui, je crois, ralliera beaucoup de monde.

 


LA DÉFINITION DU SPIRITUEL que je préfère est celle qu’en donne un éminent sociologue et théologien, Jacques Grand’Maison[1]. Le spirituel, c’est ce qui sourd au plus profond de l’être et qui, en même temps le dépasse. C’est ce qui est «en deçà et au-delà de soi». Le spirituel transcende toute la personne, ses expériences, ses croyances, ses idéaux, ses choix, son travail, ses amours. Il peut irriguer toutes les plages de la vie.

La plus belle image que je peux donner du spirituel est celle de LA SOURCE INTÉRIEURE. L’être spirituel est celui qui est conscient de sa source, lieu « secret » dépositaire des plus grandes forces de la vie. Aussi, la plus belle expérience spirituelle peut-elle consister dans la découverte ou le retour à cette source.

La psychologie parlerait ici du «noyau spirituel» de l’être. Nous avons tous ce noyau, mais il est souvent occulté par les aléas de la vie. Quand l’être humain est coupé de sa source, il est comme un arbre privé de sa sève. Il est exposé à la mort ou à toutes sortes de maladies. Il devient malade dans son être même. La personne spirituelle, au contraire, n’est pas détruite par les êtres et les événements, parce qu’au fond d’elle-même se trouve un refuge au milieu des tempêtes de la vie, un port d’attache contre les vents et les marées. C’est ce que nous rappelle la sagesse biblique qui enseigne : «En toi se trouve la source de la vie» (Ps 36,10).


La source intérieure

D’où l’importance de ne jamais perdre contact avec sa source intérieure. Mais pour cela, il faut cultiver l’intériorité. Se mettre à l’écoute du mystère qui habite au plus profond de notre être. Aussi longtemps que l’attention est polarisée par le monde extérieur, nous éprouvons la sensation d’un vide intérieur à combler, d’une faim non assouvie. Combien de maladies de l’âme trouvent leur origine dans ce vide intérieur non comblé ou dans cette faim non rassasiée.

Tant qu’on n’a pas découvert sa source intérieure, on ne peut en bénéficier. Carl Jung nous prévient que « les plus belles vérités du monde ne servent de rien tant que leur teneur n’est pas devenue pour chacun une expérience intérieure originale». Pour bénéficier du souffle inspirant et dynamisant de la source, il faut savoir l’intégrer à sa vie. Mais cela n’est pas toujours facile. La source ne se laisse pas trouver facilement. Elle n’existe qu’à une certaine profondeur. «Descends au fond du puits si tu veux voir les étoiles», dit un proverbe. Il faut chercher cette profondeur dans l’espace intime de soi-même, dans le centre de son être. Jung appelle ce lieu le «versant intérieur»[2]. C’est là que surgissent de l’incons­cient les rêves, les fantasmes et les visions. C’est là aussi que se trouve «la source ultime de l’être», c’est-à-dire l’âme.


L’expérience de l’âme

Quand je prononce le mot «âme», il libère en moi une réelle puissance d’évocation. Quelque chose intérieurement s’agite et s’émeut. C’est comme si j’étais emmené dans une dimension de l’être, lieu d’une envoûtante beauté, comparable à un magnifique jardin. Comme elles sont belles ces paroles d’Henry de Montherlant pour évoquer le mystère de l’âme: «Et ce qui était là, c’était la vie intérieure, c’était l’âme: quelque chose d’étonnant et d’oublié, une eau pure et perdue dans le creux des ténèbres.». Dans toutes les spiritualités, l’âme est considérée comme la dimension la plus élevée chez l’être humain, en même temps que le premier lieu de la transcendance. Elle apparaît en même temps comme le réservoir de l’être. Mais on la perçoit aussi comme d’essence divine. On la conçoit volontiers comme hors du temps, infinie et éternelle. Voilà pourquoi elle ne se trouve qu’à une certaine profondeur.

Pour parler de cette profondeur, les auteurs spirituels ont fait preuve de beaucoup de créativité et d’imagination. Une image, entre autres, souvent employée est celle de l’arbre qui a besoin de l’immensité du ciel et de la profondeur de la terre pour tenir debout. Plus l’arbre s’élève vers le ciel, plus il pousse des racines profondes dans la terre. C’est ainsi que le spirituel déborde sur la vie, selon la profondeur de son être.

Cela nous fait comprendre en même temps que le «secret» de la force spirituelle réside en ce qu’elle procède du dedans vers le dehors, et non l’inverse. On a dit avec raison: «Tout pouvoir vient de l’intérieur.» C’est vrai ! Tous les êtres spirituels qui ont témoigné dans leur vie de cette force savaient puiser à la Source originelle de toute Vie. Cette force était alimentée par une «énergie divine» qui leur permettait de passer à travers les épreuves avec une telle conscience qu’ils pouvaient même défier la mort.

Jean-Paul Simard


[1] Jacques Grand’Maison, Une spiritualité laïque au quotidien. Neuf voies d’accès au spirituel, Novalis, 2013, p.13.
[2] «Freud vs Jung», dans «Guide Ressources», janvier/février 1996, par Marcel Gaumond, p. 41.


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2 thoughts on “QU’ENTEND-ON PAR SPIRITUEL ?

    • Vous avez raison, mais ici je parle de Dieu et non du diable. D’autres vont le faire pour moi. C’est certain q u’il y a du mal dans le monde. Dans un bloque on ne peut pas tout dire, ce serait trop long. Mais je vous remercie cordialement de votre commentaire et vous souhaite une bonne journée…

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