QUAND JE MARCHE TOUT MARCHE…

La sagesse de la marche

QUI N’AVANCE PAS RECULE ! Dans «Alice au Pays des Merveilles», la reine donne à l’héroïne ce conseil: «Tu dois courir le plus vite possible pour rester au même endroit. Si tu veux aller ailleurs, tu dois courir au moins deux fois plus vite que cela!» Il n’y a pas d’évolution sans mouvement. Sans mouvement la vie n’est que léthargie, voire régression. En ce domaine la stagnation est mortelle. La marche est une façon de s’accrocher à l’existence, de se prouver à soi-même qu’on est vivant. C’est d’ailleurs ce qui m’incite moi-même à marcher.

 


 QUAND ARRIVE LA BELLE SAISON, je sens en moi comme un appel irrésistible à sortir de chez moi et à marcher. Je me sens un peu comme les animaux de la ferme qui ont hiverné à l’intérieur des étables. Des fourmis dans les jambes. La sève de vie qui se remet à circuler. S’ajoute à cela le goût de marcher et de méditer, deux activités qui vont tellement bien ensemble. Je l’ai fait à plusieurs reprises dans ma vie. Quelle sensation !

C’est au cours de mes marches solitaires dans la nature, calme et hospitalière, que j’ai compris son importance dans mon accomplissement personnel. On dit que Goethe, un jour, ébloui par la beauté de la campagne suisse, s’écria : «Marche et tu deviendras meilleur!» «Quand je marche, tout marche!», me confiait un jour quelqu’un. Combien de fois, ai-je moi-même expérimenté le pouvoir de métamorphose de la marche dans la nature !

Mon plus lointain souvenir remonte à mon adolescence. Je me souviens d’être parti un beau matin d’été, entre deux rangées d’arbres, la jeunesse au cœur, mon petit baluchon de rêve et l’appel de l’infini. Il y avait en moi un tel sentiment d’espérance et de bonheur que je crois avoir éprouvé pour la première fois l’émotion spirituelle. C’était l’un de ces moments d’une rare intensité, qui ouvre à des niveaux de conscience insoupçonnés. Et pour cause!

«C’est en poète que l’homme habite cette terre», écrit Friedrich Hölderlin. En accordant son rythme à celui de la nature, nous entrons dans un processus qui favorise le «dynamisme» mental et physique, car nous puisons à la source même où tout se renouvelle et se perpétue. Cette manière de vivre permet d’accéder au calme et à la sérénité. Vivre ainsi confère à la vie un sens nouveau. À l’instar de Nietzsche, nous pouvons nous interroger : «Qu’est-ce que la beauté sinon le reflet aperçu par nous d’une joie extraordinaire de la nature, parce qu’une nouvelle et féconde possibilité de vie vient d’être découverte?» La nature devient ainsi une puissante consolatrice, apportant chaque fois à la personne de nouvelles espérances.

Tout paysage comporte une part humaine et une part d’éternité. Nous prenons conscience que la nature n’est pas seulement une entité matérielle, mais qu’elle recèle des trésors de sens. Elle nous autorise, par exemple, à se dire : «Devant tant de lumière et de beauté, comment peut-on parier sur le non-sens de la vie?» Ou encore : «Comment peut-on croire en l’absurdité de l’existence?» Je ne connais pas de meilleur antidote aux sentiments d’angoisse et d’absurdité. Dans les moments de grandes lassitudes, la nature est toujours là pour nous ouvrir son réservoir de sérénité. Chaque fois, elle nous gratifie de son immense prodigalité et nous fait comprendre jusqu’à quel point, dans la vie, «tout est grâce».

Et cette grâce réside d’abord dans le courage d’être qu’elle communique généreusement. Combien de fois la vie ressemble à un pari sur le destin ! Elle semble alors nous dire : «Marche même si tu ne laisses pas de trace.» Comme le marcheur dans le sable du désert dont les pas sont effacés par le vent. Pas de traces derrière soi, pas de chemin tracé devant. Une marche où chaque pas est à inventer. Une marche où «l’important, comme dit la sagesse tibétaine, est de marcher selon la longueur de ses pas.»

Jean-Paul Simard

http://jeanpaulsimard.com/index.php/sample-page/pelerinage-aux-sources-de-la-vie/


Cet article vous a plu ? Abonnez-vous… Partagez l’article au besoin…
(Abonnez-vous au bas de la page en laissant votre adresse courriel qui demeura strictement CONFIDENTIELLE)

 

post

Le bonheur d’une vie simple et tranquille

        «Vivre simplement, c’est apprendre à faire la différence entre assez et trop.»
                          Mark A. Burch  La Voie de la simplicité pour soi et la planète

 


 LANZA DEL VASTO, dans son livre intitulé Le pèlerinage aux sources, raconte l’expérience suivante. Un jour qu’il avait laissé ses vêtements sur la plage pour se baigner, il s’aperçut à son retour que le mouchoir noué où il serrait son mince pécule de voyageur avait disparu. Il fut pris de panique: seul, sans la moindre ressource, au cœur du continent indien! Puis, soudain, il éclate de rire, pensant qu’il vient de comprendre qu’il vit l’un de ces rares moments où il ne doit compter que sur sa richesse intérieure.


LA VRAIE RICHESSE, c’est ce qui reste quand on a perdu tout son argent.  Pour la découvrir, rien n’est meilleur que le sort quand il nous met aux prises avec la nécessité toute nue, nous obligeant à tout attendre de soi, de sorte que la vie devient une perpétuelle création de soi-même par soi-même. Pour vivre une telle expérience, il faut évidemment faire le choix d’une vie axée non pas uniquement sur la culture de l’avoir, mais sur celle de l’être.

Et cela commence par sacrifier «les nécessités inutiles», comme l’enseigne le célèbre personnage d’Hemingway, Mark Twain. Beaucoup de choses que nous conservons nous sont rarement utiles. Ce sont des poids que nous traînons derrière nous et qui minent inexorablement notre potentiel d’énergie, sans compter qu’ils appauvrissent notre existence au lieu de l’enrichir. Dans ces conditions, «jeter» ou «se débarrasser» devient pratiquement un acte existentiel.

 Jean-Paul Simard

 


Cet article vous a plu ? Abonnez-vous…
(Abonnez-vous au bas de la page en laissant votre adresse courriel qui demeura strictement CONFIDENTIELLE)

Avoir confiance dans la vie

d59c60e6569e4e1a03793683b77abd6f_w194ON ENTEND SOUVENT DIRE : Aie confiance dans la vie », «Fais confiance au destin!» La confiance est une attitude indispensable pour vivre. Sans la confiance nous n’avancerions pas d’un mètre. La vie comporte des risques, mais c’est la confiance qui nous fait avancer.


La confiance est une réalité complexe. Elle suppose certaines attitudes comme l’abandon, l’optimisme, l’espoir, le «lâcher-prise». Par exemple, l’apprenti en parachute qui veut faire sa première descente doit croire en son instructeur et en son équipement, mais s’il a peur de sauter dans le vide, il lui faudra développer la confiance. Il en est ainsi dans la vie. Il faut tantôt se lancer dans le vide avec foi et confiance comme le parachutiste, tantôt faire des pas en avant comme le marcheur de randonnée.

La confiance du parachutiste est liée à l’expérience du vide. Le vide, c’est ce qui se produit quand les points de repère se dérobent et que nous ne savons pas où nous allons atterrir. Nous avançons dans la nuit, sans savoir où nous allons. Nous éprouvons alors le vertige de l’inconnu qui emprunte les multiples visages de la peur, de l’anxiété, de l’angoisse et parfois du désespoir.

La confiance du marcheur quant à elle est liée à la morphologie du terrain. La route n’est pas toujours sereine. Elle engage le souffle, la fatigue, la volonté, le courage. Les blessures sont souvent le pain quotidien du marcheur, car il y a les pierres d’achoppement et parfois de grosses pierres, si grosses qu’elles apparaissent des montagnes.

Comme on le voit, la confiance repose sur des valeurs qui constituent les assises même de notre vie. Des valeurs qui germent autant dans le champ du quotidien que dans le jardin de l’absolu. Et ces valeurs peuvent se résumer en la foi : la foi en soi-même, la foi en l’autre et la foi en l’Autre. Cette foi est la pierre angulaire de notre humanité, en même temps qu’elle crée une amplitude qui s’ouvre sur l’infini. Elle donne la capacité de trouver des solutions profanes et spirituelles aux problèmes de la vie.


On peut comprendre pourquoi la confiance s’avère plus qu’un talisman auquel on confère un pouvoir protecteur. En ce domaine, rien de vraiment magique ou d’acquis. Il existe dans la confiance une grande part de responsabilité. Nous sommes responsables de notre destin. Celui-ci dépend de ce que nous faisons ou de ce que nous aurons fait de notre vie. De la façon dont nous l’aurons façonné au cours de notre existence. Nous sommes entièrement responsables de nos actes. Nous ne pouvons rejeter la responsabilité sur autrui ou sur autre chose. Nous devons assumer nos propres choix. Faire confiance en la vie, c’est créer sa propre existence. Le succès dépend alors du degré de confiance que nous y investissons.

Ici, nous pouvons pécher par manque ou par excès de confiance. Emportés par une immense confiance, nous pouvons surévaluer le pouvoir de notre raison. Nous en arrivons à penser que l’esprit peut tout. Que grâce à notre seule force mentale, nous pouvons maîtriser tous les événements de la vie. Nous retrouvons ici l’idéologie véhiculée derrière ces slogans : «Votre esprit peut tout», «La puissance de votre mental peut venir à bout de tout», etc. Ces slogans visent à faire de la personne un surhomme ou une superfemme qui défie les lois de la nature et de la vie. Quelqu’un donnait à ce propos l’exemple suivant: imaginez un homme sans imperméable ni parapluie à l’époque de la mousson en Inde et qui prétendrait : à force de volonté, je finirai par marcher dans la rue sans être mouillé. N’est-ce pas insensé?


La confiance n’amène pas à défier les lois de la vie, mais à estimer ses capacités à l’aune de ses possibilités. S’estimer, c’est évaluer ses capacités, mais c’est aussi d’abord et avant tout s’apprécier à sa juste valeur. Nous retrouvons ici le mot le plus important de la confiance, celui de l’estime de soi.

 Jean-Paul Simard

 


POUR ALLER PLUS LOIN :

http://jeanpaulsimard.com/index.php/sample-page/renaitre-des-pertes-de-la-vie/

http://jeanpaulsimard.com/index.php/sample-page/renaitre-des-pertes-de-la-vie/

Cet article vous a plu ? Abonnez-vous… et au besoin partagez…
(Abonnez-vous au bas de la page en laissant votre adresse courriel qui demeurera strictement CONFIDENTIELLE)


Qu’est-ce que réussir dans la vie ?

58838_946060335474150_6434432549926708244_nQU’EST-CE QUE RÉUSSIR DANS LA VIE vie ? Quand je fais le bilan de ma propre vie, je constate avec étonnement que les plus belles réussites l’ont souvent été après un échec, parfois retentissant. Combien ont connu dans l’échec une expérience capitale et féconde? Combien ont trouvé leur vocation dans l’échec? Combien ont trouvé le véritable amour après été plaqué? Combien ont trouvé la liberté et la vie à la suite d’un divorce? Combien sont devenus sages après que leur banque leur eu coupé les vivres? Combien d’alcooliques sont sortis de l’enfer de l’alcool après avoir tout perdu? Nombreux sont les échecs qui ont ouvert la voie à des aspirations jusque-là invisibles. Dans ces conditions, on peut se demander si l’échec ne serait pas un mal pour un bien? Ce qui nous amène à penser que pour certaines personnes échouer est peut-être la seule façon de réussir.

Il y a de nombreuses situations dans la vie où l’adage «Qui perd gagne» se vérifie. Prenons l’adage à l’inverse. Combien ont perdu en gagnant! Tel ce monsieur qui, en devenant millionnaire à la loterie, a littéralement dégénéré, au point qu’il est devenu une loque humaine. Un autre pensait avoir rencontré l’être de sa vie et avoir atteint la région bienheureuse où l’être aimé ne peut plus faire de mal, et pourtant il a subi l’irréparable outrage. Grâce à cet échec amoureux, il a pourtant été soustrait à un destin d’incompréhension et de solitude dans lequel il s’embarquait aveuglément. Dans combien de circonstances et d’événements, la loi de la survie s’exprime en déroutant ?

Bien sûr, il ne s’agit pas ici de souhaiter l’échec, mais de comprendre que ce sont souvent les occasions les plus susceptibles de nous faire perdre confiance dans la vie qui sont souvent les plus bénéfiques. Comme il est vrai et inspirant cet adage zen qui dit : Celui qui a atteint son but a manqué tout le reste…

Jean-Paul Simard

 


RÉFÉRENCE :

http://jeanpaulsimard.com/index.php/sample-page/renaitre-des-pertes-de-la-vie/

colombe-300x143

L’estime de soi

images (33)Une attitude incontournable

C’est l’estime de soi (self-esteem) qui génère la confiance et l’assurance qui permettent de réussir et de progresser dans la vie. À l’inverse, une faible estime de soi est souvent à l’origine de difficultés d’adaptation et de pertes importantes. On sait que beaucoup de problèmes personnels sont causés par le manque d’estime de sa personne. Dès lors, le défi consiste à se connaître, à s’accepter, à s’assumer, parfois à se dépasser. Connaître également ses goûts, ses besoins, ses capacités et ses limites.

Là-dessus, j’ai recueilli un florilège de réflexions, d’incontournables pensées qui vous interpelleront, j’en suis sûr, et qui méritent d’être méditées. Commençons par William James, le «père» de la psychologie américaine, qui a donné cette définition de l’estime de soi: «L’estime que nous avons de nous-mêmes dépend entièrement de ce que nous prétendons être et faire.» Cela revient à dire: «Comment nous voyons-nous?» «Quelle perception avons-nous de nous-mêmes?» D’autres belles réflexions ont été faites, entre autres, celle de Nathaniel Branden, spécialiste de la psychologie de l’estime de soi, qui écrit: «L’estime de soi est la disposition à se faire confiance qu’on est apte à répondre aux défis fondamentaux de la vie et digne de bonheur.» De son côté, Louise Hay, spécialiste du développement personnel, donne ce conseil : «Lorsqu’on s’aime réellement, qu’on s’approuve et qu’on s’accepte tel que l’on est, tout fonctionne dans la vie. C’est comme de petits miracles surgissant de partout.» Nous pourrions multiplier ainsi les références qui font l’éloge de l’estime de soi, d’ailleurs reconnue comme l’un des indicateurs les plus importants de la santé et de l’espérance de vie.

Pour certains, l’estime de soi ne s’apprend pas, «on l’a ou on ne l’a pas». En réalité, l’estime de soi n’est pas quelque chose de gratuit. Elle est le résultat d’une construction personnelle et réfléchie qui fait partie de l’éternel travail sur soi. Au cœur de tout le travail, estime Carl Rogers, se trouve cette conception de la vie comme un processus fluide et continu. Selon lui, la personne accomplie doit en venir à s’accepter elle-même «comme un être en devenir, pas comme un produit fini». L’erreur que les gens commettent est de vouloir maîtriser tous les aspects de leurs expériences de vie et c’est ainsi que leur personnalité se dissout dans l’éparpillement. Ils en arrivent ainsi à perdre l’unité et l’harmonie de leur personne. Tout ce qui divise affaiblit. L’être humain, au contraire, doit tendre à l’unité. C’est ce qui est le plus conforme à sa nature et c’est là qu’il trouve son équilibre. Pourquoi? Parce que l’être humain est unique. Il a un destin unique où tout se joue dans une seule vie.

Comment fait-on pour s’estimer?

Pour s’estimer, il faut d’abord s’accepter. Je dirais même plus qu’il faut s’aimer. Établir un pacte d’amour avec soi. Le secret de notre identité et de notre humanité est caché dans l’amour que nous nous portons. Dans la capacité de nous aimer avec nos grandeurs et nos faiblesses, même avec nos traits les plus bas. Prendre de bon cœur et sans culpabilité parti pour soi-même. Se regarder, ne serait-ce qu’une journée, avec les yeux du cœur et une bonne dose de compassion. Se traiter comme la personne que nous aimerions être. C’est cet amour de soi qui permet de devenir progressivement créateur de notre propre vie.

C’est aussi l’un des premiers facteurs d’équilibre et de santé. Le psychanalyste Guy Corneau affirmait dans une conférence : «Être en santé, c’est s’aimer tel qu’on est, dans tous les moments de la vie… C’est s’aimer avec ses manques, son manque d’amour de soi, ses refus de s’ouvrir, son plaisir à le faire.» Il s’agit ici, on l’aura compris, d’un amour quasi inconditionnel de soi. Mais l’amour de soi dans toutes ses dimensions n’est pas toujours facile, car, comme le souligne Anselm Grün, «cela signifie s’obliger à tout aimer en soi, même cette part d’ombre où l’on se découvre tellement minable, tellement inacceptable. Accepter en soi ces côtés ingrats, décourageants.» Aussi bien dire que s’aimer c’est d’abord consentir à vivre avec soi. C’est le «savoir-vivre», non pas le «savoir-vivre» de la bienséance, mais le savoir-vivre avec soi.

Le philosophe Søren Kierkegaard disait que «la personnalité même la plus riche n’est rien avant de s’être choisie elle-même et la personnalité la plus pauvre qu’on puisse imaginer est tout lorsqu’elle s’est choisie elle-même; car la grandeur ne consiste pas en ceci ou en cela, mais se trouve dans le fait d’être soi-même; et il est dans le pouvoir de tout homme de l’être, s’il le veut.» C’est en cela que réside à mon sens la véritable réussite de la vie. Ce qui amène à une conception de la réussite fort différente de celle que nous propose la société.

 Jean-Paul Simard

 


Cet article vous a plu ? Abonnez-vous… et au besoin partagez-le…
(Abonnez-vous au bas de la page en laissant votre adresse courriel qui demeurera strictement CONFIDENTIELLE)

 

Qui perd gagne !

12795362_963597197026929_8345048404628667252_n

IL Y A DE NOMBREUSES SITUATIONS dans la vie où l’adage «Qui perd gagne» se vérifie. Prenons d’abord l’adage à l’inverse. Combien ont perdu en gagnant! Tel ce monsieur qui, en devenant millionnaire à la loterie, a littéralement dégénéré, au point qu’il est devenu une loque humaine. Un autre pensait avoir rencontré l’être de sa vie et avoir atteint la région bienheureuse où l’être aimé ne peut plus faire de mal, et pourtant il a subi l’irréparable outrage. Grâce à cet échec amoureux, pourtant, il été soustrait à un destin d’incompréhension et de solitude dans lequel il s’embarquait aveuglément. Dans combien de circonstances et d’événements, la loi de la survie s’exprime en déroutant.

Voici un fait qui n’est pas banal. Le 1er juin 2009, un avion d’Air France transportant 228 passagers s’abîme dans l’Océan Atlantique, entre Rio de Janeiro et Paris. L’avion est pulvérisé et l’on se perd en conjectures sur la cause de l’accident. Le lendemain, les journaux parlent d’un couple de Français miraculé. Miraculé? Non pas parce que ce couple est sorti vivant du «crash», mais parce que, avant son départ, ce couple avait tenté en vain d’échanger des billets pour pouvoir embarquer sur ce vol. Inutile de dire combien ils étaient heureux de ce contretemps. Chanceux dans leur malchance, comme dit la sagesse populaire. L’échec leur avait sauvé la vie!

Si vous pouviez lire en filigrane à travers tout événement manqué de votre vie, vous seriez étonnés de savoir ce qui serait arrivé si vous aviez réussi. Non pas qu’il faille souhaiter l’échec et courir après lui. L’échec n’est pas à rechercher. Paradoxalement, cependant, l’échec possède une dynamique parfois aussi forte que le succès. On a parlé avec raison de la pédagogie de l’échec. L’échec est souvent la seule façon de nous enseigner ce que nous avons vraiment besoin de savoir sur la vie.

Jean-Paul Simard

 

Sainte-Rose-du-Nord

SAINTE-ROSE-DU-NORD

Il faut voir le  village de Sainte-Rose-du-Nord,
Perle échappée par les dieux dans l’écrin du Fjord,
Sertie  dans  la montagne, aux pieds du Saguenay
Oasis luxuriant que Vénus a couronné*.
Jadis, on l’appelait La  Descentes-des-femmes**,
Par où,  selon  une   vieille  légende  «indienne»,
Trois femmes éplorées,  de leurs maris  en  chicane,
Se sauvèrent, la nuit, sur un canot, hors d’haleine.
Paradis    d’inspiration,    de   contemplation,
La nature envers Sainte-Rose semble bien prodigue,
Fascinant les touristes quelle que soit la saison.
Pêche blanche, Musée,   artisanat,  église,
Tout semble  prédestiné  à laisser dans l’âme
Le  goût  de  revenir, attisé comme une flamme,
à Sainte-Rose-du-Nord,
«la perle du Fjord».
Jean-Paul Simard


* Vénus : divinité ancienne présidant à la végétation et aux jardins. L’Association des plus beaux villages du Québec a accepté Sainte-Rose-du-Nord dans son regroupement, en août 2001. Le village est devenu ainsi le 29e fleuron de l’association. Il a reçu la plus haute cote pour son environnement paysager. Le village est très bien intégré dans la vallée. L’aménagement du quai, des sentiers et belvédères, les vues magnifiques font de cette municipalité un village exceptionnel.

 ** Gilles Boileau rapporte une autre version sur l’origine de ce nom : «Des femmes, des Indiennes, attendaient sur les hauteurs dominant l’Anse-du-Milieu que leurs hommes reviennent de la pêche. Elles allaient à leur rencontre en se laissant simplement glisser le long d’une pente douce plutôt que d’utiliser des sentiers tortueux et pierreux.» (Cf. Dossier toponymique du Saguenau-Lac-Saint-Jean, no 2, 1981, Gouvernement du Québec, p. 12).

Petit-Saguenay

PETIT-SAGUENAY

Mollement blotti dans son écrin de montagne,
Bordé au sud  par  sa  rivière  enchanteresse,
Petit-Saguenay   est  un   village  qui  gagne
Tout amant de la nature  en quête d’ivresse.
Le village comprend, dans sa beauté étale,
La rue du Quai avec ses coquettes maisons,
Ses parterres fleuris au ton carte postale,
Le  Village-Vacances,  à  l’estivale  saison.
S’ajoutent pêche,  canotage,  ski nordique,
Les randonnées pédestres dans les sentiers
Offrant au marcheur un paysage féerique
Le long des rives ondulantes du Saguenay.
Quand je marche dans l’aube fraîche du matin,
Ou le soir,  sous l’argent  d’une  lune  tardive,
J’aime me rendre au quai par l’invitant chemin,
Au  bout  duquel  mon  âme  part  à  la  dérive.
Attiré  par  le  Fjord  dominant  l’horizon,
Seul témoin de  sa  mystérieuse  splendeur,
Oh! combien j’aimerais que ces vives émotions
Puissent demeurer dans les archives du cœur.
Bouleversé    par   le    sublime    paysage
Qu’offrent ces lieux dans leur séduisante beauté,
Je rêve,  tel  le Poète,  d’habiter  ce  village,
Où tout n’est qu’ordre, luxe, calme et volupté.
Jean-Paul Simard

L’Anse-Saint-Jean

anse_saint_jean_bas_3HOMMAGE À L’ANSE-SAINT-JEAN 

(Village pittoresque sur la route du Fjord)

Anse-Saint-Jean,  village  pittoresque,
Serti dans le creux lové des montagnes,
Tu brilles à l’horizon comme une fresque
Où  se  marient nature  et  patrimoine.

Reconnu comme l’un des plus beaux villages*,
Tu  éveilles  en  nous  la  mythique  image
De  la    Beauté   divine   originelle,
Pur don de tes ressources naturelles.

Celui  qui,  animé d’une âme altière,
Gravit  le  sentier  de la Tabatière,
Découvre  un  panorama  grandiose
Qui séduit le regard où qu’il se pose.

Éden mythique, tel  apparaît  le  Fjord,
Cadeau des dieux  à  l’habitant du Nord,
Où, majesté,  splendeur,  magnificence
Vouent l’être tout entier à l’ivresse des sens.

L’Anse-Saint-Jean,  avec  son patrimoine,
Ses maisons d’époque, sa classe artisane,
Ses   activités   d’hiver   et   d’été,
Quel  Havre  de  paix,  de charme étalé
Sur le littoral du Saguenay !

Jean-Paul Simard, écrivain saguenéen

 


* Reconnu par L’Association des plus beaux villages du Québec, en 1998.

 

 

Rivière-Éternité

Musée  exceptionnel  des  richesses  du  Fjord,
Offrant nature, accueil, croisières et randonnées,
Baie mystérieuse où s’enchâssent les trésors,
Ainsi  se   présente   Rivière-Éternité.

Sa  toponymie  aux  vocables  religieux,
Le profil  ascensionnel  de son paysage,
Le sentiment mystique émanant de ce lieu
Disposent à la symbolique de son langage.

Caps Éternité et Trinité, vifs rappels
En terre nordique, de l’Olympe sacré,
L’un voué à la mémoire de l’Éternel,
L’autre à la Vierge votive des naufragés!

L’âme d’un peuple devient ce qu’elle contemple.
Celle des Éternitois vivant dans ce temple,
Modelée  sur  la  divinité  qui  protège,
Mérite bien son nom de «Bethléem des neiges».

L’exposition  internationale  de  crèches
Est  une  activité  culturelle  qui  prêche
Le  souvenir  chrétien  de  la  Nativité,
Hommage   rendu   en  hiver et en été.

S’ajoute le rituel de la pêche blanche,
Et le tableau unique du pêcheur en transe
Quand sébastes, morues, éperlans arc-en-ciel
Sont retirés des eaux de la baie éternelle.

Lorsque l’heure tombe où le crépuscule descend
Et que les lieux baignent dans une odeur d’encens,
Il n’est pas rare de voir dans l’air s’élever
Un parfum divin d’Éternité.
Jean-Paul Simard