«MON PARI SUR DIEU»

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(Article paru dans le magazine VIVRE)


POUR ALLER PLUS LOIN :

Lisez une proposition de Dieu qui ne vous laissera pas indifférent… 

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MON PARI SUR DIEU

LE  CÉLÈBRE professeur de psychiatrie, David Servan-Schreiber, maintenant décédé, donna un jour ce témoignage: «À 15 ans, dans une église de campagne, le sermon d’un prêtre me marqua. Il commençait par cette question «Où chercher Dieu? Où le trouver?» Je ne me suis jamais souvenu de la suite, et je l’ai souvent regretté, me disant que j’étais passé à côté de la réponse…»

Dans toute vie humaine, il y a un moment de rencontre avec le divin. La conscience s’éveille tout à coup, les paupières sont soulevées, le regard voit, avec le sentiment que quelque chose nous dépasse, accompagné de la sensation de l’infini. Cela peut aller jusqu’à l’évidence qu’il existe une puissance supérieure.

Une quête universelle

Nous sommes tous concernés à divers degrés par la question de Dieu : ceux qui doutent comme ceux qui croient ou ne croient pas. Qui n’a jamais pensé à Dieu ? Qui n’a pas crié une fois dans sa vie: «Dieu, si tu existes, manifeste-toi!» ?

La question de Dieu est au centre de la vie humaine. Elle porte en elle le poids de la morale, l’énigme de la souffrance, de la maladie et de la mort, les révoltes étouffées, les projets, les idéaux, etc. Pour les uns, Dieu est la cause de tous les problèmes, pour les autres, il en est la solution. Pascal l’a bien perçu quand il a écrit dans ses Pensées : «Dieu. Les uns craignent de le perdre, les autres craignent de le trouver.» Entre les deux, on retrouve cette catégorie nombreuse de personnes qui le cherchent.

Tout au long des âges, le concept de Dieu a exprimé ce à quoi l’être humain aspire, ce qu’il craint, ce dont il a besoin. Encore de nos jours, pour ceux et celles qui croient en lui, il exprime ce qui, au plus intime de l’être humain, est commun à tous : l’intuition d’un Créateur et de sa relation à lui, le fait que le monde correspond à une intention divine et donc qu’il a un ordre et un sens et qu’il débouche sur l’«au-delà».

 Je ne crois pas, je sais…

À la question « Croyez-vous en Dieu ? » qu’on lui a un jour posée, Carl Jung a répondu : « Je ne crois pas, je sais. » Beaucoup de personnes affirment avoir ainsi une expérience directe, irrécusable, de l’existence de Dieu. Pour plusieurs cette certitude s’accompagne d’une expérience très forte de la présence divine en eux. Paradoxalement, on retrouve aussi l’idée de Dieu chez ceux qui le nient, comme en témoigne le philosophe André Comte-Sponville qui écrit: « Si je suis athée, c’est aussi parce que je préférerais que Dieu existe! » Là-dessus, j’aime bien la réflexion que le philosophe fait dans L’esprit de l’athéisme quand il écrit: «Que vous croyiez ou non en Dieu, au surnaturel ou au sacré, vous n’en serez pas moins confronté à l’infini, à l’éternité, à l’absolu – et à vous-même.» En fait, qu’on l’affirme ou qu’on le nie, Dieu ne laisse personne indifférent. Même ceux et celles qui ne croient pas n’arrivent pas à se défaire d’une certaine inquiétude religieuse qui les talonne toute leur vie, en particulier devant le mystère de la mort.

Au nom de Dieu j’ai…

Il est étonnant de constater le nombre de personnes qui affirment croire en Dieu. On dit que les cinq sixièmes (5/6) de la population du globe déclarent appartenir à une religion et 80% des habitants de la planète s’affichent croyants. Croyants ? Évidemment, il y a bien des degrés et des variantes dans la foi, mais chose certaine, un très grand nombre de personnes, au cours de l’histoire, ont aligné leur vie sur Dieu au point d’en faire leur Absolu. Plusieurs mêmes sont morts martyres pour en témoigner.  Malheureusement, le contraire est aussi vrai. Que de mal n’a-t-on pas commis en son nom! Que d’exactions, que de cruautés se commettent quotidiennement en pensant agir au nom de Dieu !

Plus qu’un mystère, un dilemme!

Devant ces faits, on peut comprendre pourquoi l’anthropologie parle de la dimension universelle du phénomène de Dieu. Ce phénomène serait commun à toutes les cultures, à tous les êtres humains. Un grand magazine écrivait en titre de couverture «La soif de Dieu». À l’intérieur, un dossier démontrait combien cette soif est palpable et s’exprime de multiples façons, allant de la quête du sens de la vie à la croyance à un certain destin personnel, voire à l’existence d’un Être suprême.

Mais l’existence de cet Être suprême ne convainc pas tout le monde. On a beaucoup parlé, à une certaine époque, du «soupçon psychologique» sur Dieu. Ce soupçon consiste à mettre en doute la valeur d’une foi qui ne répondrait qu’à un besoin purement humain. Dieu comme création du cerveau humain ou comme une émanation «naturelle». Cela demeure à première vue une conception fort séduisante. Surtout de la façon avec laquelle la psychanalyse pose la question: est-ce le cerveau qui a créé un Dieu qu’il serait apte à percevoir, ou est-ce Dieu qui a créé le cerveau de l’homme pour qu’il reçoive son message? C’est ce qu’on appelle le dilemme scientifique de Dieu.

Dieu existe-t-il?

Dans la tête et le cœur de cette foule innombrable de croyants, oui, sans le moindre doute, Dieu existe, et cela n’est pas banal. Jamais une idée, une passion n’a occupé les esprits avec autant de force et de constance que la folie de Dieu. De génération en génération, que d’expériences vécues, que d’engagements les plus divers ont été suscités en son nom. Il y d’abord toute cette phalange de saints et de saintes qui sont là pour en témoigner. Il y a également tous les humbles fidèles du monde qui prient en catimini dans leur cœur ou dans les milliers de chapelles ou d’oratoires, lieux hautement symboliques de la présence de Dieu.

Nonobstant cette prodigieuse présence de Dieu à travers le temps, cela ne m’empêche pas d’être parfois ébranlé dans ma foi, à travers le doute devant le mystère de l’Absolu. Comme bien des personnes, je me pose la question : pourquoi croire en Dieu ? Qu’est-ce que Dieu apporte de plus ? Pourquoi vouer sa vie à Dieu plutôt qu’à Bouddha, Marx ou Madonna ? Ne peut-on pas vivre humainement sans Dieu ?  Se contenter d’être vraiment homme ou femme ? Poursuivre tout simplement sa vie en croyant en l’homme, en la science, en la médecine, en soi, à sa famille, à ses enfants ? Et puis n’avons-nous pas tout ce qu’il faut pour assumer notre vie : intelligence, mémoire, volonté, conscience, créativité, énergie vitale physique et mentale ?

Mais il y a un hic…

Oui, c’est vrai! Nous avons tout cela et c’est ce qui fait que nous pouvons effectivement vivre sans Dieu. Mais il y a un hic. La vie tranquille sans Dieu n’est pas exempte de tout questionnement. Couve en nous une constante interrogation concernant le mystère de l’infini. Il y a, dans les replis les plus secrets de notre être, quelque chose comme une fibre divine. Carl Jung a montré comment l’homme est fondamentalement marqué par le divin. À cette fin, il a développé l’idée de l’«archétype divin» qu’il associe à «l’image de Dieu» telle qu’évoquée dans la Genèse. Cet archétype signifie que le divin fait partie de notre nature et représente quelque chose d’inné. Pour Jung l’idée de Dieu est inscrite au plus profond de la psyché humaine et le divin représente l’ultime réalité. En conséquence, il estime que la question la plus révélatrice de la vie d’une personne est de savoir si, oui ou non, celle-ci est en rapport avec l’infini.

Où allons-nous ?

La conscience de l’infini s’exprime de multiples façons, mais elle prend le plus souvent la voie du questionnement. Un questionnement lié aux grandes interrogations que l’on se pose sur son origine, sa destinée, le mal, l’amour, la mort, l’au-delà. Malheureusement, pour plusieurs, les réponses à ces questions débouchent sur le «vide existentiel» ou le non-sens de la vie. On a parlé à ce propos du «trou noir» qu’André Comte-Sponville définit comme le tragique du destin sans réponse, lequel précise-t-il, fait partie de la condition humaine et est particulièrement dramatique pour les athées: d’où venons-nous? Où allons-nous? C’est dans cet esprit que Pascal a parlé avec amertume de la « misère de l’homme sans Dieu ».

Ainsi, la question de Dieu apparaît fortement liée aux grandes questions existentielles. Au sens même de la vie. Sommes-nous jetés dans le monde sans raison ? Quelle est notre finalité ? Dans un passage pathétique, le pape Jean-Paul II, lors de son passage au Brésil, interrogeait ainsi l’humanité: «HOMME, OÙ VAS-TU ? Vers quels horizons se dirigent les efforts par lesquels tu construis péniblement ton lendemain ? Quels sont les buts que tu espères atteindre à travers les luttes, le travail, les sacrifices auxquels tu te soumets jour après jour ?» Oui, où va l’homme sur la route de la vie ?

Y a-t-il une justice quelque part?

C’est ici que se pose avec le plus d’acuité la question de Dieu. Que l’on soit croyant ou non, il répugne à l’intelligence de penser que notre propre vie dans laquelle nous avons tellement investi nous soit retirée. Que le fruit de notre travail et de nos efforts soit bêtement anéanti. Il doit bien y avoir une justice quelque part. Cette croyance est fondée sur le désir, fortement ancré chez l’être humain, qui veut que tout ce qu’il y a de beau, de grand, de positif ne puisse être vaincu par la mort.

Ce sentiment est si élevé que la personne qui pense ainsi est déjà entrée dans l’univers religieux, qu’il le nomme Dieu ou non. Le désir d’immortalité et la conscience de la transcendance mènent tout droit au mystère divin. C’est comme si l’infini creusait l’âme et ouvrait à la réalité divine. C’est alors que l’idée d’une puissance supérieure vient spontanément à l’esprit.

Mon pari sur Dieu

Cette puissance supérieure n’est cependant pas des plus évidentes. Elle demeure obscurément cachée. «Dieu, personne ne l’a vu», nous dit la Bible. Aussi, pour en parler, est-il nécessaire d’en témoigner. Dans cette foulée, si vous me demandez «Croyez-vous en Dieu?», je vous répondrai sans hésiter: «Oui». Si vous me demandez «Avez-vous rencontré Dieu?», je répondrai «Oui», mais ça n’a jamais été le coup de foudre. Je n’ai jamais atteint l’ivresse de Dieu et encore moins la «folie» de Dieu. Mon expérience s’est déroulée de façon tout à fait humble et prosaïque, mais ce fut non moins sincère et authentique.

J’appartiens à la catégorie de ceux qui ont parié sur Dieu et qui entendent tenir leur pari jusqu’au bout. Ma foi ne relève pas d’une simple croyance, mais d’un parti pris, c’est-à-dire d’un choix, d’un pari. Pour expliquer ce pari, j’emprunterai volontiers la parabole d’un pasteur de l’Église réformée de l’Étoile. La voici: «Un homme monte sur un chemin de montagne. À la main, il porte un flambeau avec détermination, et pourtant il trébuche presque à chaque pas. En effet, il est aveugle. «Mais alors, lui dit-on, ce flambeau, pourquoi vous en encombrer?» Et l’aveugle de répondre: «En portant ce flambeau, je veux faire honneur à la lumière que je ne vois pas. Je veux porter haut le flambeau de la lumière et servir la vérité que je ne vois pas. Je porte ce flambeau gratuitement, par espérance en la vérité de la lumière. Je le porte par la foi.»

Je n’ai pas de certitude, mais je sais

Ainsi, je n’ai pas la certitude que Dieu existe, mais je sais qu’il existe. Je ne peux pas démontrer son existence, mais je sais que Dieu ne se comprend pas rationnellement. Dieu, s’il existe, fait partie des réalités cachées, profondes, mystérieuses, impalpables, qui s’éprouvent plus qu’elles se prouvent. Voilà pourquoi la preuve de Dieu n’est pas inscrite dans l’intelligence, mais dans le cœur de l’être humain. Comme le dit Pascal : «Il faut aimer les vérités pour les connaître». Il rejoint par là toute la tradition chrétienne où l’on voit très tôt l’affirmation de la primauté de l’amour dans la connaissance de Dieu. Cela confirme en même temps la célèbre affirmation du grand apôtre sur la nature de Dieu : « Dieu est amour ! ».

Jean-Paul Simard


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