Hommage à une figure attachante de l’Église (l’abbé Raymond Gravel)

Abbé Raymond Gravel 310x206Hommage à une figure attachante de l’Église
(
Le Quotidien, ce 19 août 2014
par Jean-Paul Simard, écrivain et théologien)

 


L’ABBÉ RAYMOND GRAVEL, UN SACRÉ CURÉ…
Télé-Québec soulignera cette semaine le premier anniversaire du décès du bien-aimé homme de foi en présentant le documentaire du réalisateur Patrick Brunette, intitulé Raymond Gravel, un sacré curé. «J’aimais le double sens, déclare le cinéaste au Journal. C’est souriant, un peu cinglant… À son image…». 
L’abbé Raymond Gravel n’avait peur de rien.
Dans cette optique, je vous invite à lire le témoignage ci-dessous que j’ai déjà écrit pour un journal. 


 L’abbé Raymond Gravel, qui a marqué le paysage religieux et social québécois, n’est plus. Sa mémoire cependant demeure, témoignant de l’existence de l’humanisme chrétien. Comment mieux parler de cet homme d’Église qu’en disant qu’il avait le physique de l’emploi : une figure de pasteur taillée sur mesure, accueillante, attachante, sympathique, ne reflétant aucun dogmatisme ou autoritarisme religieux. Si je voulais une représentation de Jésus sur terre c’est à la personne même de Raymond Gravel que je songerais spontanément. Pour sa ressemblance physique avec le Christ? Peut-être, mais surtout morale, lui qui acceptait inconditionnellement toute personne sans aucun jugement définitif. Son action pastorale en témoignait. Raymond Gravel, c’était le baume sur la plaie. Son message était le suivant : peu importe que vous viviez en rapport ou non avec l’Église, courage! Ne désespérez pas. Même si vous êtes divorcés, Dieu est là. Même si vous avez avorté, Dieu est là. Même si vous êtes homosexuels, Dieu est présent dans votre amour partagé. Raymond Gravel, c’était la lumière des gens perdus dans la nuit de la vie. C’était la remise en question d’une certaine religion qui impose, rejette et exclut. Il nous a transmis les valeurs d’un amour évangélique vécu dans les réalités changeantes de la vie. Il représentait l’arrachement à la pesanteur dogmatique de la croyance, à ces exigences de fidélités inhabitables responsables de tant de naufragés de l’Église, dans ces moments où l’être humain finit par décrocher. Aussi apparaissait-il dans l’imaginaire québécois comme l’image idéale de l’Église. Des personnes de tout horizon, de tout métier, de toute allégeance politique ou religieuse se reconnaissaient spontanément en lui. Pour beaucoup, l’Église du Québec c’était Raymond Gravel.  

Malgré cela ─ et peut-être même à cause de cela ─, il était devenu la bête noire de l’Église, celle d’ici et celle de Rome, qui l’a rappelé à l’ordre en termes non équivoques pour ses prises de position trop libérales. Je ne veux pas me substituer au jugement de l’Église, mais simplement rappeler que Raymond Gravel savait, par contre, maintenir en action les signes vitaux de la religion, c’est-à-dire celle qui a le plus de chance d’attirer les fidèles. Pour cette raison, nous aurions encore eu longtemps besoin de sa présence. Malheureusement, il nous a quittés trop tôt. Mais son étoile n’est pas près de s’éteindre au firmament. Puisse-t-elle être une source d’inspiration pour de nombreux jeunes gens attirés par la prêtrise, une espèce nécessaire mais en voie d’extinction. Puisse-t-elle aussi guider, comme pour les mages de l’Évangile, tous ceux et celles qui sont en quête de signes révélateurs de l’invisible. C’est dans cet esprit que je dis au grand pasteur que fut Raymond Gravel : «Merci pour ta présence chaleureuse et ta féconde action pastorale.»

 


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